Performance réalisée au sein de l'exposition STRATIFICATION à la FLAQ, Paris.

L'exposition STRATIFICATION se base sur les possibles, sur les rituels, la transmission.

En me basant sur la composition humaine, la première partie de l'exposition représente la peau qui comme le papier est un support de mémoire avec une texture unique. J'y présenterai donc mes dessins et un collage qui fera le lien avec la suite. La seconde partie sera composée d'objets qui représenteraient les muscles et les os, ce qui apporte à la peau un volume. La dernière partie symboliserait l'âme au travers d'une vidéo et d'une performance dans la mesure où l'âme est pour moi immatérielle. Le fil d'ariane de l'exposition, le lien, sera l'installation sonore.

La réalisation des dessins se fait de manière inconsciente, comme un élan primitif et nécessaire, dans un rythme. Je ne sais jamais quelle forme finale aura mon dessin, car je le découvre au fur et à mesure qu'il apparaît sur la feuille, Pourtant j'ai l'intuition que ces motifs sont comme une matière de possibles, passant par un état cellulaire avant de devenir une entité singulière. Tout comme l'état cellulaire de mes dessins, il m'est apparu indispensable d'associer une sonorité à ces traits. Le cri est la première volonté d'expression avant que le langage s'installe. C'est pour moi ce qui fait écho au aux motifs de mes dessins. J'ai alors décidé de réaliser une série de dessins sonores.

Après le cri, le langage s'installe. Il prend la forme de mots, de phrases et s’exprime dans la forme de textes poétiques, imagés. La poésie c'est pour moi des humeurs, des sensations, elle est dans l'émotion, elle habite l'intérieur des corps tout comme les organes ou le squelette.
Après plusieurs mois, j'ai éprouvé le besoin de faire évoluer mon dessin sur des volumes. Cela faisait plusieurs années que je récoltais, au cours de mes voyages, des os d'animaux. J'ai commencé ainsi à nettoyer ces os, à les préparer à une « nouvelle vie ». Par la suite, j'ai fait la rencontre d'un chevreuil que j'ai naturalisé. Au fur et à mesure de ce processus, j'ai compris qu'il m'était indispensable de donner à cet animal un autre avenir. De ne pas le laisser disparaître. J'ai par la suite continué à glaner des os, à les nettoyer et à en faire de nouvelles idoles.
Des textes enregistrés accompagneront les os, les crânes et les objets qui seront présentés.

Le Langage a cédé sa place à une sonorité consciente, des mots, des cris, forte en expérience elle recherche comment faire le lien entre le sens et l'expression. Elle est devenue capricieuse, parfois dissonante, elle devenue peut être moins accessible. Cette sonorité qui a été contrainte par l’esprit devient contre nature, fracturée. Elle est née d'un mélange de forces hétérogènes, pourtant c'est peut être dans cette forme qu'est est enfin la plus complète.
Dans la dernière partie de l'exposition sera présenté une vidéo, qui montrera la naturalisation d'un lapin et comment rien ne se perd et tout se transforme. Le soir de l'exposition il y aura une performance, un rituel qui vise à nettoyer les lieux, l'auditoire. Habillée d'un costume que j'ai réalisé à partir des fragments d'animaux, de tissus, de cheveux, Je danserai en chantant en duo sous rythme de cymbale et de d'un percussion en bois et du son d’un bol Tibétain. Je danserai sur un sol recouvert de terre, J’y sèmerai du blé, en hommage au mouvement de la vie. Le blé poussera pendant toute la durée de l’exposition, pour symboliser le mouvement permanent de la vie.

ÇA pousse
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