Sainte Eusèbe


17 : 18

L’autre cloué au mur,

sur une croix, sur le mur,

tourne les yeux comme pour ne pas voir celui qui, d’un regard injuste juge l’infamie,

les extranormalités de notre être qui tente l’équilibre par le curieux assemblage,

édifice de chair d’âme vaporeuse,

submergée par la grandiose d’une antre aux milles vies humaine qui nous dit :

« halte au tumulte, halte au mouvement ! Ici la lumière est la nuit même, ton regard incongru et ta présence muette sont irascibles. »

C’est comme s’effondrer dans la piscine d’eau troublée par ton saut.

Ainsi l’eau enveloppe ton corps chaud et nerveux, comme un corps torturé et comme un bouche ouverte aux cris infernaux.

La bave jaillit de ses tristes paupières comme pour donner, par le corps et jusqu’au corps ouvert, la naissance d’un nouvel être.

La fureur de la vie, trop d’intenses regards nous détournent de la vision.

Divine vision que celle qui aveugle le paysage dans lequel figure un puit, une source d’énergie intarissable. Je te bouleverse, tes yeux à la renverse, le paysage chaotique d’un être, du rite chamanique qui consiste à voyager dans le temps de tes yeux. Pierre, mer, terre…

et cette vérité élémentaire : UN MONDE, commun et à chacun sa liberté, chacun sa foi, le monde touche toute choses et toi-même. Toi-même tu fais cet ANTRE qu’aujourd’hui je suis. Je suis ce que tu fais, tu sais qui je serais, celui qui te protège, qui t’aime et qui, du plus profond de notre mémoire originel, arracherai les fraîches épines qui te font souffrir depuis tant de générations.

Cadavre-Exquis de J.E et A.L le 3 - 07 - 08